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CONSTRUIRE L’UNIVERSITE POPULAIRE AFRICAINE QUI VIENT (CUPAV)

 

Prises aux rets de décolonisations inachevées porteuses de mécanismes de reproduction de la violence portée aussi bien contre l’autre que contre soi, les sociétés contemporaines africaines ne cessent d’être le siège de trajectoires concomitamment multiples, diverses, contradictoires qui se distribuent sur deux pôles. D’une part, on a des dynamiques de résilience largement bâties sur les logiques de l’en-commun et donc de capacités à préserver le lien qui répare et protège contre le choc des chiffres catastrophes qui racontent notre histoire et présence au monde. Et, d’autre part, on a des ressorts entropiques qui ne cessent de promouvoir, au cœur de nos actualités sociales, culturelles et politique, une récurrence de violences verbales, physiques et psychologiques qui laisse penser des incapacités à faire-monde ensemble, autrement que dans le lien accommodant de mentalités et de comportements qui heurtent l’intégrité physique des citoyennes et citoyens qui composent nos communautés.

 

En dépit de l’existence de législation parfois avant-gardistes, nos sociétés contemporaines semblent piégées dans une reproduction sociale inégalitaire, inhospitalière et violente dont les espaces de la pensée critique, les femmes, les jeunes, les migrants, sont les premières victimes. Cette situation caractérisée par une grande crise de la convivialité pose le défi que nous voulons adresser : comment réinventer, reconfigurer et faire renaître l’inclusion et la confiance dans le projet politique de société, mais surtout autour de quels leviers, savoirs et actions engager l’ensemble du corps social dans cette direction ? Comment, et dans quelles conditions, pourrions-nous mobiliser et (ré)apprendre à nos sociétés le sens des pluralismes qui, jadis, ont fait l’exemplarité de ses plus grandes entités politiques ? Comment intervenir sur l’asymétrie des rapports de pouvoirs entre les hommes et les femmes et ainsi éradiquer les violences basées sur le genre ? Comment reformater les figures délétères de la réussite sociale qui favorisent un ensemble d’excès impropres pour bâtir une société fraternelle, juste et capable d’abondance ? 

 

L’absence d’un débat public régulier, bien informé et de grande qualité, nous semble être un des problèmes majeurs qui empêche l’émergence d’un contrat social inclusif et basé sur une constante exigence d’émancipation sociale. Il s’agit donc de comprendre pour agir et d’agir en comprenant. Dans cette perspective, l’Université populaire africaine qui vient et que nous construirons ensemble, ne peut échapper à deux dimensions phares et conjointes : une culture de co-production de savoirs et une vocation à l’action transformationnelle. Il s’agit, d’une part, de mieux relever le défi de la compréhension du système des valeurs politiques, sociales, culturelles et religieuses qui agit sur le vivre-ensemble au Sénégal, en y impactant négativement la condition sociale de divers groupes (femmes, jeunes). D’autre part, il s’agit, à travers des initiatives pédagogiques et des événements festifs, de produire des actions de partage, de sensibilisation et d’éducation populaire afin de favoriser des changements positifs de mentalités et de comportements, mais aussi des capacités à arracher à l’ordre international inique de meilleurs équilibres géopolitiques.

 

Et, pour cela, nous construisons l’université populaire africaine qui ne peut plus continuer d’attendre, pour accueillir, au bénéfice de tous les publics, sous tous les formats possibles, les bibliothèques de nos conditions et dialoguer avec tous les savoirs du monde, depuis les outils de la raison orale, de nos besoins de recherche-action et de nos choix de pédagogie conviviale. 

 

BUILDING THE COMING

AFRICAN POPULAR UNIVERSITY (UPAV)

Caught in the traps of unfinished decolonizations bearing mechanisms for the reproduction of violence both against the other and against oneself, contemporary African societies have not ceased to be the home of multiple, diverse and contradictory simultaneous trajectories that are distributed in two poles.

On the one hand we have the dynamics of resilience largely built on the values of the commonsand therefore capacities to preserve the bond that repairs and protects against the shock of the catastrophic figures that narrate our history and presence in the world.

And on the other hand, we have entropic resources that do not cease to promote, at the heart of our current social, cultural and political situation, a recurrence of verbal, physical and psychological violence that suggests an inability an inability to be-world together other than in the accommodating bond of mentalities and behaviors that offend the physical integrity of the citizens who constitute our communities.

Despite the existence of occasionally avant-garde legislation, our contemporary societies seem to be trapped in an unequal, inhospitable and violent social reproduction whose spaces for critical thinking, women, young people and migrants, are the first victims.

 

This situation, characterized by a great crisis of coexistence, raises the challenge that we want to address: how to reinvent, reconfigure and revive inclusion and confidence in the political project of society, but above all, around what levers, knowledge and actions engage the entire social fabric in this direction? How and under what conditions could we mobilize and (re)teach our societies the meaning of pluralisms that, in the past, made their great political entities exemplary? How to intervene in the asymmetry of power relations between men and women and thus eradicate gender violence? How to reformat the harmful figures of social success that foment a set of excesses that are inadequate for the construction of a fraternal and fair society capable of generating abundance?

 

The absence of a regular, well-informed and high-quality public debate seems to us to be one of the main problems impeding the emergence of an inclusive social contract based on a constant demand for social emancipation. It is therefore a matter of understanding in order to act and to act with understanding.

 

In this perspective, the African Popular University, which is coming and which we will build together, cannot escape two key and joint dimensions: a culture of co-production of knowledge and a vocation for transformational action.

On the one hand, it is a question of better addressing the challenge of understanding the political, social, cultural and religious value system that in Africa affects the vivre-ensemble, that sense of community, and that negatively impacts on the social status of various groups (women, youth).

On the other hand, the aim is to generate exchange, awareness and popular education actions through educational initiatives and festive events that promote positive changes in mentalities and behavior, in addition to creating capacities to uproot better geopolitical balances from the iniquitous international order.

And to this end we are building the African Popular University, which can no longer wait and which will host, for the benefit of all audiences and under any possible format, the libraries of our conditions in order to dialogue with all world knowledge, from the tools of oral reason, of our research-action needs and of our choices of convivial pedagogy.

CONSTRUYENDO LA UNIVERSIDAD

POPULAR AFRICANA POR VENIR (UPAV)

Atrapadas por las redes de descolonizaciones inacabadas, portadoras de mecanismos de reproducción de la violencia tanto contra el otro como contra uno mismo, las sociedades africanas contemporáneas no han dejado de ser la sede de múltiples, diversas y contradictorias trayectorias simultáneas que se distribuyen en dos polos.

Por un lado, tenemos las dinámicas de resiliencia construidas en gran medida sobre los valores de los comunes, y por lo tanto capacidades para preservar el vínculo que repara y protege contra el choque de las catastróficas cifras que relatan nuestra historia y presencia en el mundo.

Y por otro lado, tenemos recursos entrópicos que no dejan de promover, en el seno de nuestras actualidades sociales, culturales y políticas, una recurrencia de violencias verbales, físicas y psicológicas que sugieren incapacidades para ser-mundo juntos fuera del vínculo acomodaticio de mentalidades y comportamientos que ultrajan la integridad física de las ciudadanas y ciudadanos que componen nuestras comunidades.

A pesar de la existencia de legislaciones en ocasiones vanguardistas, nuestras sociedades contemporáneas parecen atrapadas en una reproducción social desigual, inhospitalaria y violenta cuyos espacios de pensamiento crítico, mujeres, jóvenes y migrantes, son las primeras víctimas. 

Esta situación, caracterizada por una gran crisis de convivencia, plantea el reto que queremos abordar: ¿cómo reinventar, reconfigurar y hacer renacer la inclusión y la confianza en el proyecto político de la sociedad, pero sobre todo en torno a qué palancas, saberes y acciones comprometer al conjunto del tejido social en esta dirección? ¿Cómo y en qué condiciones podríamos movilizar y (re)enseñar a nuestras sociedades el sentido de los pluralismos que, en el pasado, hicieron ejemplares a sus grandes entidades políticas? ¿Cómo intervenir en la asimetría de las relaciones de poder entre hombres y mujeres y así erradicar la violencia de género? ¿Cómo reformatear las figuras nocivas del éxito social que fomentan un conjunto de excesos inadecuados para la construcción de una sociedad fraterna, justa y capaz de generar abundancia? 

La ausencia de un debate público regular, bien informado y de alta calidad nos parece uno de los principales problemas que impiden el surgimiento de un contrato social inclusivo basado en una exigencia constante de emancipación social. Se trata por lo tanto de comprender para actuar y de actuar comprendiendo.

En esta perspectiva, la Universidad Popular Africana, que viene y que construiremos juntos, no puede escapar a dos dimensiones clave y conjuntas: una cultura de coproducción de saberes y una vocación de acción transformadora.

Por una parte, se trata de responder mejor al desafío de la comprensión del sistema de valores políticos, sociales, culturales y religiosos que afecta en África al vivre-ensemble, ese sentido de la comunidad, y que repercute negativamente en la condición social de diversos grupos (mujeres, jóvenes).

Por otra parte, se trata de generar acciones de intercambio, sensibilización y educación popular a través de iniciativas educativas y eventos festivos que promuevan cambios positivos de mentalidades y de comportamiento, así como de crear capacidades para arrancar al inicuo orden internacional mejores equilibrios geopolíticos.

 

Y para ello estamos construyendo la Universidad Popular Africana, que ya no puede seguir esperando y que acogerá, en beneficio de todos los públicos y bajo cualquier formato posible, las bibliotecas de nuestras condiciones para así dialogar con todos los conocimientos del mundo, desde las herramientas de la razón oral, de nuestras necesidades de investigación-acción y de nuestras elecciones de pedagogía convivencial.